Éloge Funèbre - Comité Rochefort-Fouras

Général Jean LE GLUDIC

 

C'est donc dans l'église de Saint-Clément (commune de Cabariot) qu'ont eu lieu les obsèques religieuses du général Jean Le Gludic.

L'assistance était très nombreuse. On pouvait noter la présence, outre le maire de Cabariot et autres personnalités, d'une forte délégation de l'armée de l'air ainsi que la présence de plusieurs associations patriotiques avec leur drapeau, dont le nôtre évidemment.

Le comité était également représenté par une dizaine de ses membres. L'éloge funèbre dont la copie est jointe, a été prononcé par le général de brigade aérienne Claude Lajoux, commandeur de la Légion d'Honneur.

L'office, sobre et émouvant, célébré par un diacre, ancien aumônier de l'armée de l'air, s'est achevé sur une note plus légère avec un extrait du Danube Bleu de Johann Strauss.

Les honneurs militaires ont été rendus par un piquet de l'armée de l'air.

Général (2S) Christian Poupeau
président du comité de Rochefort-Fouras

Mon général et cher Ami,

C’est pour moi un grand honneur d’être le porte-parole de ta famille et de tes amis pour te témoigner toute notre estime.

Il n’est pas dans mes attributions de faire l’éloge et de vanter les mérites du général LE GLUDIC dit LAGLU pour tes intimes… et ils sont nombreux !

Cependant, je ne peux te laisser nous quitter sans t’exprimer nos sentiments d’estime et de gratitude en ce triste jour.

Engagé en 1944 à Saint-Brieuc tu ne réussis pas à rejoindre l’Angleterre comme tu l’espérais, pour devenir pilote de chasse, pour en découdre avec l’ennemi. Les évènements exceptionnels de l’époque font que tu rejoins Pau pour devenir secrétaire sur la base aérienne.

En 1949, tu vas servir Outre-mer à Madagascar et dans ce pays lointain, tu vas présenter le concours d’entrée à l’École militaire de l’Air. Tu y es reçu brillamment. Tu es considéré comme un élément exceptionnel puisque la hiérarchie te garde afin d’assurer les fonctions d’officier adjoint du Centre d’Instruction à Salon.

En 1958, tu es affecté en Algérie comme chef du détachement Air à Tiaret. À ce poste, ton attitude vis-à-vis des personnels, en particulier ceux appartenant aux unités d’hélicoptères, te valent une aura remarquable. Plusieurs années après, les équipages se souviennent avec enthousiasme des moments passés auprès de toi, après avoir effectué leurs dures missions.

A ces affectations multiples, à ces commandements difficiles et contraignants, qui requièrent en particulier une disponibilité totale, une autorité naturelle, des compétences certaines, ton dévouement et aussi ta grande sagesse y ont fait merveille. Tu as su gagner la considération et l’amitié de nos plus grands chefs.
Ta manière d’intervenir dans les moments difficiles, avec bonhomie, était appréciée, de tous.

Que de fois tu as fait preuve d’ingéniosité devant des situations délicates !

Que d’anecdotes amusantes nous invoquons encore aujourd’hui : ton action lors des représentations dans les cérémonies officielles, la réception des Chefs d’État étrangers, les évènements de 1968 ! je ne peux citer toutes les actions auxquelles tu as su allier rigueur et décontraction.

En 1982, tu quittes l’Armée de l’Air avec le grade de général, pour te consacrer à ta famille … et à tes amis.

L’hommage que nous te rendons aujourd’hui est un signe de tendresse et d’amitié. C’est aussi l’occasion de lire le livre de ta vie et de méditer sur l’exemple dont tu as toujours fait preuve.

Mon Ami, tu as marqué d’une empreinte indélébile l’Armée de l’Air. Ta forte personnalité, appuyée par des coups de gueule tonitruants, ton sens exceptionnel des relations humaines, ton obstination pour faire avancer les idées qui t’étaient chères, ont toujours impressionné autant tes subordonnés que tes supérieurs !

Tu as déployé dans tous tes commandements des efforts considérables pour défendre les intérêts de tous et ceci, dans tous les domaines.

Pour cela tu n’hésitais pas à monter aux créneaux pour faire aboutir, auprès de tes chefs, ta façon de voir.

Nous perdons un compagnon, qui se distinguait par son ardeur, sa foi dans le métier. Tu as été un exemple pour tous. En un mot tu as été un HOMME !

Et comme l’écrivait Saint-Exupéry :
« Être un homme, c’est d’abord se sentir responsable, responsable un peu de la vie des autres par son travail, par ses actes, par la pierre que chacun doit s’efforcer d’apporter à l’édifice commun.Être un homme, c’est avoir le courage et l’honnêteté d’affronter l’avenir, c’est avoir connaissance de ses droits, sans doute, mais surtout de ses devoirs . . . »

Toutes ces qualités, tu les possédais au plus haut niveau.

Pour vous, ses enfants et toute sa famille, je sais bien que tout ce que je peux dire n’atténuera pas votre immense chagrin. Mais je veux que vous sachiez combien « LAGLU » était estimé.

C’était un être exceptionnel et il sera unanimement regretté.

C’est l’image de cet homme de devoir que nous allons garder. Nous allons vivre dorénavant avec son souvenir d’homme de bien, attaché aux valeurs anciennes et fondamentales de la famille et de la patrie, affirmé qui suscitait, d’emblée, l’amitié.

Nous sommes tristes d’avoir perdu un Ami très cher mais nous sommes fiers d’avoir connu un tel homme !

J’adresse à la famille de notre regretté camartade mes sincères condoléances et vous demande de vous montrer corageux devant l’adversité. Jean l’aurait souhaité.

A toi, cher Ami, je sais que tu n’es pas loin « juste de l’autre côté du chemin » comme disait Péguy. Je ne te dis pas adieu mais « au revoir »


À Cabariot le 30 juillet 2014
Général Claude LAJOUX

 

 
aller en haut de la pageNb visiteurs                 © www.legiondhonneur17.fr - 2015        page mise à jour le 27 Décembre 2017 à 09 H.