2016 - Éloge Funèbre - Comité Rochefort-Fouras

Monsieur JEAN DAMBRIN

 

En tant que délégué du quartier de Marennes du comité de Rochefort-Fouras de la Société des Membres de la Légion d’Honneur, notre président, le général Christian Poupeau, ici présent, me confie l’honneur de prononcer cet éloge de Monsieur Jean Dambrin qui nous a quittés dans la nuit du 9 au 10 mars dernier.

Jean Dambrin a eu 94 ans en septembre dernier.

Voici en quelques mots les fait marquants de sa vie militaire et professionnelle.  

Né le 21 septembre 1921, à Héricourt (Haute-Saône), Jean Dambrin, fils de militaire, poursuit des études de chimie à la faculté d’Alger.

Très vite rattrapé par l’actualité, ce jeune diplômé est incorporé en 1941 à Casablanca comme spahi marocain. Il participe activement à la campagne d’Italie, qui l’a particulièrement marqué, jusqu’en août 1944.  Son engagement et sa détermination lui valent la promotion au grade de maréchal des logis, le 10 mai 1943.
Conducteur de char émérite, il tient quotidiennement un carnet de bord. A sa lecture, c’est avec une certaine émotion que nous avons retrouvé les traits de caractère de cet homme sérieux, avide d’informations et précis, pour ne pas dire rigoureux.

Nous pouvons y lire

  • 16 mars 1944 (il y a presque 72 ans jour pour jour) : « Nous changeons encore de bivouac pour céder la place aux Polonais. En Russie, les Allemands reculent ».
  • 21 mars 1944 : « Pierre Pucheu, ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement Pétain a été exécuté ce matin » (fusillé le 20 mars 1944 à Alger, Il a été secrétaire d'État puis ministre de l'Intérieur du gouvernement de Vichy de juillet 1941 à avril 1942).
  • Jeudi 30 mars 1944 : « 3ème nuit d’avant-poste. Nos yeux piquent et refusent d’y voir. Au bout de 2 heures de faction, vers 23 heures, des Boches nous ont envoyé une centaine de bombes. Je ne connais rien de plus déprimant qu’un tel bombardement ».

 

Malgré le stress, malgré la fatigue, Jean Dambrin prend inlassablement des notes sur ce carnet fort bien tenu dont les mots raisonnent encore aujourd’hui à nos oreilles et témoignent de son engagement sans faille.

Démobilisé le 18 juillet 1945 comme sous officier, il retourne au Maroc et trouve un emploi dans l’industrie du tabac, dans un laboratoire de recherche. En 1962, il rentre en France. Son métier le conduit à Bordeaux où il travaille pour la Seita jusqu’à sa retraite en 1971.

Marqué par sa vie de militaire, il souhaite continuer à servir notre pays. Il rejoindra la réserve après la guerre. Ses qualités intrinsèques et intellectuelles lui permettront d’accéder à l’épaulette. Il sera promu sous-lieutenant de réserve en décembre 1949, lieutenant de réserve en 1954 et enfin capitaine de réserve le 1er janvier 1969.

Il sera fait chevalier de la Légion d’honneur en 1968. La plus haute distinction française lui sera remise sur le front des troupes le 14 juillet de la même année.
Jean Dambrin est également titulaire de la croix de guerre 1939-1945,  de la croix du mérite militaire et de la médaille commémorative de la campagne d’Italie et de la campagne de France.

Monsieur Dambrin, je vous ai croisé régulièrement ces dernières années. J'ai apprécié votre gentillesse, toutes les attentions et la tendresse que vous portiez à votre charmante épouse. J'ai également été témoin de votre soif de vous tenir informé de l’actualité. Vos questionnements étaient incessants, preuve d’une jeunesse d’esprit qui ne vous a jamais quitté. Homme de conviction et d’honneur vous laissez une empreinte indélébile dans nos cœurs et nos esprits.

A vous, chère Madame Dambrin, ainsi qu’à toute votre famille, nous vous exprimons nos sentiments de profonde et sincère sympathie, au sens étymologique et premier du terme.

Bourcefranc le, 15 mars 2016                                     

 

lieutenant-colonel (r) Alain Bompard
Délégué du quartier "Marennes"
du comité SMLH de Rochefort - Fouras les Bains

 
aller en haut de la pageNb visiteurs                 © www.legiondhonneur17.fr - 2015        page mise à jour le 27 Décembre 2017 à 09 H.