2016 - Éloge Funèbre - Comité Rochefort-Fouras

Madame Maud Kertighian

A Tonnay-Charente le 9 novembre 2016

Nous voici réunis pour dire au revoir à madame Maud Kertighian, un des derniers témoins ayant participé au débarquement de Normandie, en juin 1944.
Elle est née à Tonnay-Charente en 1920, issue d’une famille spécialisée dans le transit maritime entre Tonnay-Charente et l’Angleterre, pour l’exportation du cognac, les
Williamson.

En 1940, Maud est infirmière à l’hôpital de Rochefort. Un jour, son père vient la chercher pour l’emmener avec ses frères et soeurs. Pour l’occupant nazi, le nom consonance britannique en faisait des suspects et présentait un risque certain. Maud rejoint donc l’Angleterre, à Plymouth. Elle séjourne ensuite à Londres, où elle oeuvre dans un centre pour réfugiés. Son dévouement et son altruisme sont
remarquables.

Dynamique et volontaire, elle s’engage dans les Forces Françaises Libres, auprès du général de Gaulle. Elle se rend alors à son quartier général à Londres, au Carlton- Gardens. Très vite remarquée pour sa détermination et son courage, elle est intégrée dans une unité où le risque est particulièrement élevé : à Londres, à partir du toit des maisons, il s’agit de détecter et signaler les débuts d’incendie consécutifs aux bombes incendiaires lancées par les bombardiers de l’Allemagne nazie.

Suit une période où elle est affectée dans un sanatorium pour tuberculeux. Ses compétences d’infirmière et son infatigable dévouement sont dignes d’éloges et reconnus de tous.

Mais, à partir de l’Angleterre, les alliés se préparent au débarquement et Maud Kerthigian embarque à bord d’un chaland, avec des militaires canadiens. Personne ne peut ignorer les conditions extrêmes, les dangers de cette traversée et de l’arrivée sur les côtes normandes.

Interrogée à ce sujet il y a quelque temps, avec modestie et simplicité, elle déclare :

« Il fallait le faire, mais je n’ai jamais eu peur de ma vie … »

Dés son arrivée en Normandie, Maud Kertighian participe activement à l’évacuation des réfugiés de Caen et soigne les nombreux blessés. Au mépris du danger, sous les intenses bombardements , elle assume sa mission jusqu’au bout. Ce qui lui vaut l’attribution de la Croix de Guerre 39-45.

Démobilisée à l’issue de la guerre, avec le grade de sous-lieutenant, Maud Kerthigian occupe diverses activités, dont celles d’infirmière dans une maison de repos. Puis, elle tient, avec son mari, un magasin d’antiquités et se retire il y a quelques années à Tonnay-Charente.
Madame Maud Kertighian, comment ne pas être admiratifs et respectueux devant cette vie si bien remplie, si riche de dévouement, empreinte de générosité et de modestie.

Votre courage dans des circonstances difficiles et dangereuses, la guerre, doit être un exemple pour nous tous. Nous vous devons une grande considération et ne devons jamais vous oublier , car vous avez contribué au retour de notre liberté.

Je terminerai cet éloge avec le témoignage de reconnaissance que le général de Gaulle vous a personnellement adressé le 1er septembre 1945 :

« Répondant à l’appel de la France en péril de mort, vous avez rallié les Forces Françaises Libres. Vous avez été de l’équipe volontaire des bons compagnons qui ont maintenu notre pays dans la guerre et dans l’honneur. Vous avez été de ceux qui, au premier rang, lui ont permis de remporter la Victoire ».

Madame Maud Kertighian a été faite chevalier de la légion d’Honneur en 1998. Elle était titulaire de la Croix de guerre 39-45 et de la médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre.

 

 

Eloge funèbre de Madame Maud Kerthigian
prononcé par le Colonel (er) Amédée Ossant
Président d’honneur
du comité de Rochefort

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