2017 - Biographie - Comité Rochefort-Fouras

Monsieur Robert CHENIER

 

Le 4 juillet 2017

Nous voici réunis pour un dernier adieu à notre grand ancien, notre ami Robert Chénier. Notre présence ici témoigne de l’hommage que nous rendrons à ce valeureux combattant.

Charentais d’origine, il est né le 30 novembre 1927 et aurait donc eu 90 ans dans quelques mois.
La prestigieuse carrière de ce grand guerrier est impressionnante. A 19 ans, il s’engage dans la marine Nationale et fait un stage dans la spécialité « commando » avant d’embarquer pour 2 ans sur le croiseur Jeanne d’Arc.
A son retour, il intègre et suit avec succès les cours des gradés fusiliers-commandos-parachutistes.
En 1953, c’est le départ pour la guerre, volontaire pour l’Indochine. Il est affecté au Tonkin, chef de section au groupement des commandos supplétifs. Pendant 3 ans, il y fait preuve d’une combativité et d’une vaillance à toute épreuve. Véritable meneur d’homme, il suscite une adhésion totale de sa troupe.

En 1953 et 54, ses actions remarquables, son courage et son audace, jusqu’au corps à corps, lui valent d’être décoré de la croix de guerre TOE avec d’élogieuses citations.

En 1955, suite aux accords de Genève, il participe aux difficiles opérations d’évacuation du Tonkin. La encore, il se distingue pour sa parfaite connaissance du terrain et de sa clairvoyance.Cette année là fut marquante pour Robert Chénier : il est affecté au célèbre commando Jaubert, ce commando devenu si cher à son cœur. Rapidement il y trouve sa place pour y devenir un des meilleurs.

1956, il est en Algérie, puis la même année il est dans l’expédition d’Egypte, avec comme point d’Orgue l’opération « Canal de Suez ». Robert Chénier est dans le corps « Amphibie Marine » du commando Jaubert où il est chef de groupe.

Puis il est à nouveau en Algérie, jusqu’en 1962. Il participe aux derniers combats, dans de conditions difficiles et souvent aux résultats incertains.

De 1953 1962, Robert Chénier, a été confronté à la guerre, à la violence, à des combats aux formes multiples.

Partout et toujours, il a montré des qualités de combattant remarquables, un sens inné du combat, une vaillance hors du commun. Comme en témoignent les citations élogieuses qui accompagnent sa croix de guerre TOE et sa croix de guerre de la valeur militaire, c’est un vrai guerrier pour qui le service de la France passait avant tout.

En 1964, il est affecté au commando « Trepel ». Sa section est embarquée à bord du Croiseur Colbert qui notamment escorte le général de Gaulle lors de son voyage en Amérique du Sud.

De nouveau affecté au commando Jaubert de 1966 à 1970, il en devient un des membres parmi les meilleurs. Il effectue plusieurs séjours outre-mer, dont le dernier à Madagascar.

1970…après 24 ans de service, Robert Chénier quitte la vie militaire mais garde son béret vert à portée de main et son cœur chez les commandos de marine.
Pendant 18 ans, il travaille alors comme agent commercial dans une société de déménagements. Robert Chénier était titulaire des décorations suivantes :

Commandeur de la Légion d’honneurMédaille militaire
Croix de guerre T.O.E (Indochine) avec 2 citations
Croix de la valeur militaire (Algérie) avec 5 citations
Croix du combattant volontaire
Médaille coloniale
Médailles commémoratives (Indochine, moyen orient, Algérie)
Titre de la reconnaissance de la nation

Avant de conclure, je me dois de vous rapporter un témoignage que je viens de recevoir. Il émane du Capitaine de Frégate (er) Marcel CHORON, qui a bien connu notre ami Robert Chénier ; je cite :

« A la fin de la guerre d’Algérie, les Commandos marine ont vu plusieurs fois, leur existence remise en question et on connu une longue « traversée du désert ». Quelques officiers-mariniers d’élite comme Robert, ont permis, grâce à la trace laissée, notamment chez les Paras, nos frères d’armes aux bérets rouges, que nos capacités opérationnelles soient toujours reconnues. A la fin de son commandement de l’ensemble des forces armées de la région d’Oran, le général Gambiez, déclara que le Groupement des Commandos-Marine était le plus beau fleuron de l’Armée Française. Nous devons cette reconnaissance à un guerrier de la trempe de Robert Chénier.

Toutes mes pensées vous seront consacrées à l’heure de cet adieu.

Guerrier et homme exceptionnel, Robert fait partie de l’Elite des commandos marine. Mes anciens chefs qui furent ses camarades de Combat, louaient son efficacité au combat rapproché, jusqu’au corps à corps. Je l’ai connu au commando Jaubert : Il était d’une humanité et d’une rare patience envers les plus jeunes et les moins expérimentés. Avec lui, c’est tout le commando qui progressait car il avait en plus une expérience du terrain et des opérations de premier plan ».

Fin de citation

Toujours prêt à servir la France, comme il l’a si bien fait pendant 24 ans, Robert Chénier s’est rapidement investi dans le monde des anciens combattants et le devoir de mémoire. C’est ainsi qu’il a rejoint en 1974, la Fédération Nationale des Combattants Républicains (FNCR) dont va vous parler le président National Gérard Bieth.

Robert Chénier, Homme de terrain, homme de cœur, ami fidèle, ses qualités militaires et humaines exemplaires méritent le plus grand des respects. Sa simplicité et son abord chaleureux donnaient toujours, à ceux qui le rencontraient, l’envie de le revoir, de le rencontrer à nouveau.

Hélas, c’est fini…il nous reste le souvenir impérissable, le souvenir au fond de notre cœur, comme une petite flamme à la mémoire de notre Ami Robert.

Adieu Robert !


Le colonel (er) Amédée Ossant
Président d’Honneur de la SMLH
Comité de Rochefort-Fouras

 
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