Activités 2018 - Comité Rochefort-Fouras

L’ennemi utile

 

Pour sa dernière conférence de l’année 2018, le comité de Rochefort a choisi de faire appel à un gendarme, le capitaine Pierre Thoumelin commandant de communauté de brigades sur l’île d’Oléron, docteur en histoire, qui a abordé les improbables relations franco-allemandes nées avant même la fin de la seconde guerre mondiale dans le domaine militaire.
Après le débarquement de Normandie, quelque 2.000 soldats allemands sont faits prisonniers chaque jour. Les conditions de détention sont très difficiles ; ces prisonniers appréhendent en outre d’être envoyés en Russie. En 1945, ils seront près d’un million.
Parallèlement, la France a besoin de soldats expérimentés, et ce dès avant la fin du conflit. C’est dans ce cadre que la Légion étrangère entreprend de recruter dès 1943, tant dans les camps qu’au sein même des villes allemandes ruinées, notamment à Berlin, des soldats allemands. Ces militaires sont satisfaits, d’une part d’échapper à la détention et au ‘’risque’’ d’être envoyés en Russie et d’autre part, d’être du côté des vainqueurs et de partir pour de nouvelles aventures. C’est donc sans états d’âme que ces soldats allemands respectent l’autorité, celle de leurs chefs de la Légion étrangère et non celle de la France, et en viennent à lutter contre d’autres soldats allemands. Au fil des recrutements, le quota de 30 % de nationaux est dépassé, les allemands pouvant représenter jusqu’à 70 % des militaires d’un même régiment.
O Chi Minh ayant déclaré l’indépendance du Vietnam, la France a un besoin accru de soldats expérimentés. Le 1er bataillon étranger parachutiste, fer de lance de la guerre d’Indochine, comptera dans ses rangs jusqu’à 50 % d’anciens parachutistes allemands.
Les recherches conduites par le capitaine Pierre Thoumelin sur les documents militaires de ces recrutés montrent sans aucune ambiguïté que 2,5 % de ces soldats étaient d’anciens Waffen SS, et connus comme tels lors de leur recrutement.

Toutefois, pour ne pas nuire à la reconstruction de l’amitié franco allemande, la mention ‘’Mort au combat’’ est substituée à ‘’Mort pour la France’’.

 

© www.legiondhonneur17.fr - 2015 page mise à jour le 11 Mai 2019 à 09 H.