Activités 2014 - Comité La Rochelle - Île de Ré

17 janvier, Galette des Rois, Conférence sur Georges Clémenceau

 

C’est une salle comble de l’Ecole des Douanes qui regroupait, cette année encore, les adhérents et leurs amis des comités de la SMLH, du Mérite national  pour leur première conférence de l’année et la traditionnelle galette des Rois. Le sujet de la rencontre que nous proposait Jean-Loup Bauduin, administrateur au centre des monuments nationaux et chargé, entre autres, des trois tours de La Rochelle et de la maison du « Tigre » en Vendée, s’intitulait : « Mes rencontres avec Georges Clémenceau ». Titre qui voulait tout simplement exprimer l’admiration du conférencier, évidemment trop jeune pour avoir connu le grand homme décédé en 1929. Jean-Loup Bauduin, sollicité par le comité de La Rochelle-Île-de-Ré, tenait aussi à rappeler que Georges, l’arrière-petit-fils de Clémenceau, ancien journaliste et éditeur,  était présent dans la salle, avant de retracer  l’étonnante carrière de ce Vendéen, né en 1841 à Mouilleron-en-Pareds.

Après avoir été médecin,  Georges Clémenceau entreprend une carrière politique en 1870, en qualité de maire de Montmartre. L’année suivante, il reste pendant trois mois député et ne sera élu président du Conseil de Paris qu’en 1874. Il devient successivement  député puis sénateur du Var, avant d’être nommé au ministère de l’intérieur puis à la présidence du Conseil en 1906, dont il démissionnera en 1909, tout en restant sénateur. Il sera, comme chacun sait, rappelé en 1917 à la présidence du Conseil pour reconsidérer l’état de nos armées en guerre, cette guerre : «  une chose beaucoup trop grave pour être confiée à des militaires ». Il se retire de la vie politique en 1920 qui sera entachée, en 1893, par le scandale de Panama, scandale dont il sortira heureusement blanchi, mais ruiné. Une grande partie de ses inestimables et diverses collections se dispersent en décembre 1894, à l’hôtel Drouot.

Cette vie politique mouvementée, pendant et après la Grande Guerre,  lui vaudra le surnom de « tombeur de Ministères », puis après les douloureux évènements de Fourmies, celui de « briseur de grèves » mais aussi de « tigre » que lui attribue le syndicat des instituteurs après qu’il eut fait intervenir à nouveau l’armée, «  le tigre était le seul animal qui, avec l’homme, tuerait avec plaisir »… Précisons qu’il se passionne, alors qu’il est encore étudiant, au journalisme. Il sera, lors de son séjour aux Etats-Unis de 1865 à 1869, correspondant du « Temps », puis fondateur  du « Bloc » en 1901 et enfin rédacteur  à « l’Aurore » où il s’insurge contre le colonialisme et le procès de Dreyfus. Il est aussi écrivain,  auteur de nombreux  ouvrages… mais aussi amateur de belles automobiles et de jolies femmes.
Jean-Loup Bauduin a tenu à consacrer enfin une grande partie de son propos à la maison de Saint-Vincent-sur-Jard que Clémenceau fera agrandir en fonction des besoins. Il y installe les nombreux cadeaux qu’il a reçus. Sa chambre comprend un lit surélevé qui lui permet de voir la mer et une enfilade supportant le marbre de l’autel de l’église de Saint-Michel-en-l’Herm. Elle jouxte une bibliothèque qui comprend 1500 livres brochés. Mais c’est à son jardin que s’attache le plus Clémenceau : «… des fleurs, du soleil et des vagues ! » C’est, parmi de nombreux autres, son grand ami Claude Monet qui le conseille pour concevoir trois jardins avec leur fouillis de plantes sauvages.  Ces plantes  reflétant la liberté et l’absence de contraintes, comme le souligne le conférencier qui participera, avec l’aide de  son ami Georges, à l’installation de  deux « koïnoboris, énormes manches à air faites de soie en forme de carpes, offertes par l’ambassadeur du Japon. Elles sont venues s’ajouter à celles qui flottaient déjà en haut du mât pour signaler la présence de Clémenceau dans la commune, un Clémenceau très attaché à l’art, en général, et oriental, en particulier. Il a possédé jusqu’à 3 700 kogos, ces petites boîtes à encens utilisées lors de la cérémonie du thé, en partie récupérées aujourd’hui pour être exposées au Musée Guimet.

La place nous manque pour continuer à évoquer l’interminable histoire de notre extraordinaire voisin ; c’est pourquoi, en guise de remerciements et de conclusion, Colette Chaigneau, présidente du comité La Rochelle-Île-de-Ré, a proposé à l’assistance d’organiser une prochaine promenade en Vendée pour poursuivre la découverte de l’homme et de sa maison.

 
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