Activités 2014 - Comité La Rochelle - Île de Ré

L’abbaye des Chatelliers et son histoire

 

C’est au cours d’un sympathique déjeuner au « Chat Botté » de Saint-Clément-des Baleines, organisé par Colette Chaigneau, présidente du comité de la Rochelle-Île-de-Ré, que la trentaine d’adhérents et amis invités ont découvert l’abbaye des Chatelliers de l’Île-de-Ré.

Le visiteur l’aperçoit régulièrement, sur sa droite, avant d’arriver à La Flotte, se promettant d’y arrêter à son retour, mais le temps presse toujours et l’on remet la visite… à plus tard. Cette fois, c’est autour d’un excellent repas,  préparé par le chef Massé, que Roger Touton, ancien directeur-général de la société Nestlé et président-directeur-général d’Unilever, nous a conté avec un remarquable talent, l’histoire de Notre-Dame-de-Ré. Roger, chevalier et  adhérent du comité,  venu prendre une retraite paisible à la Flotte,  s’est intéressé à ce bâtiment dont la partie restante témoigne encore de sa passionnante histoire.

Après les invasions des IX et Xèmes siècles, l’Eglise connaît un affaiblissement dû essentiellement aux agissements des seigneurs et se voit contrainte de réagir en instituant la réforme « grégorienne », après celle imposée par Guillaume le Pieux, dite « Clunisienne ». Celle-ci  avait précédé la réforme imposée par les Cisterciens dont les annales  indiquent que Notre-Dame-de- Ré aurait été fondée en 1156. L’ordre cistercien va rétablir l’importance du travail, l’ascétisme et la rigueur liturgique. Trois abbayes mères s’imposent alors, celles de Pontigny, puis de Trizay et l’Etoile.


Notre-Dame-de-Ré est la fille de Pontigny. Nous devons à Elbe de Mauléon d’avoir prié ses moines de venir fonder cette abbaye dans son île. C’est aux côtés d’une motte féodale, démolie en 1199, que s’installe le monastère qui va commander l’anse de Chauvet et d’où partira la future route qui desservira Saint-Martin et la Couarde. Les moines se mettent à défricher les abords puis une grande partie de la région, ils y implantent la vigne et y récoltent le sel, produits qui deviendront des richesses indispensables à la vie de l’île. C’est aussi de l’abbaye que sera institué le monopole des traversées entre Port-Chauvet et le port du Plomb, situé sur le continent. L’abbaye se dote d’une tuilerie, d’un moulin à marée, de moulins à vent, d’un four banal auxquels s’ajoutent les propriétés alentour. Le tout  fera des envieux et incitera aux pillages.

Ce sont nos amis anglais qui en prennent l’initiative, en 1294, en réduisant l’île à néant. La guerre de Cent Ans, à deux reprises, en 1388 et 1462, entraîne des dégâts considérables  impliquant une réfection importante du bâtiment et de son église en style gothique, style que l’on retrouve dans les ruines actuelles. En 1574, c’est au tour des protestants de ravager l’île et de détruire à nouveau l’abbaye, contraignant les moines à fuir définitivement. Il convient de préciser qu’en l’absence de carrière, les pierres de taille des vestiges du monastère vont servir à construire le Fort de la Prée, devenu indispensable pour se protéger des invasions anglaises. Seuls les murs de l’abbatiale seront en partie épargnés.

Après le passage des huguenots en 1574, les autorités religieuses décident d’aménager une chapelle dédiée à Saint-Laurent et d’organiser un pèlerinage annuel dit « Laurentin » pour sa fête tous les 10 août et ce, jusqu’à la Révolution qui mettra fin à toutes manifestations. L’abbaye est alors mise en vente au titre des biens nationaux. La municipalité de La Flotte s’y oppose ainsi qu’à la destruction de l’abbatiale qui sera peinte en blanc et noir pour servir d’amer à la navigation. En 1876, les premières fouilles, entreprises par le docteur Kemmerer, permettent de découvrir, entre autres, une pierre tombale d’un abbé datant de 1289. A partir de 1960 plusieurs campagnes archéologiques vont permettre d’extraire notamment un four à cloche, des sépultures ainsi qu’un sol du XIIIème siècle recouvert d’argile. Celui-ci, estampé de motifs végétaux et animaliers,  participera pleinement au classement du site aux Monuments historiques, en 1991.

Ce moment convivial, auquel participaient Francis Lott, Jocelyne Girardet-Chandouineau, respectivement président et première vice-présidente de la section, Michel Nezblanc et Gérard Marieau, vices présidents et Pierre Magnère, secrétaire du comité, ainsi que plusieurs personnalités rétaises, s’est terminé sous les applaudissements en faveur de l’organisatrice et du maître de lieux.

Jean Guillard

 
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