Activités 2014 - Comité La Rochelle - Île de Ré

Hélène Nebout s’en est allée à sa dernière demeure

 

Hélène Nebout repose depuis le 19 novembre au Mémorial de Chasseneuil-sur-Bonnieure, en Charente. Elle avait été incinérée deux jours plus tôt au crématorium de La Rochelle en présence de nombreuses personnalités et amis parmi lesquels Bruno Cruchant, chef de cabinet de Béatrice Abollivier, préfète de Charente-Maritime, Janick Cerfontaine, adjointe de Jean-François Fountaine, maire de La Rochelle, le député Olivier Falorni, Claude Ledluz, président de l’association Bir Hacheim(1) et plusieurs autres présidents ou représentants des Associations de Combattants, Résistants et prisonniers de guerre accompagnés  de leurs drapeaux.

Francis Lott, Colette Chaigneau, le général Cardinal et de nombreux membres du comité de la Rochelle-Île-de-Ré et son drapeau avaient tenu à venir saluer le « Chef Luc » et s’associer à la douleur de ceux qui avaient admiré son remarquable courage tout au long de la dernière guerre.

Ce courage qu’a souligné avec émotion notre présidente du comité. Hélène est entrée en 1941 dans la Résistance en secourant des officiers anglais et en passant des messages en zone  occupée avant de devenir agent secret des renseignements en 1943. Alors que la Gestapo, la milice et la police se font de plus en plus menaçantes, elle rencontre Jean Gagnant, un résistant de la première heure, qui lui confie des tâches de plus en plus dangereuses et notamment celle de créer un réseau destiné à être rattaché au mouvement de « Libération sud ».

Un peu plus tard,  c’est au tour d’André Chabanne, bien connu en Charente, de lui demander  de devenir la co-fondatrice du Réseau Bir Hacheim   et de prendre en charge des responsabilités toujours plus importantes :

encadrement, ravitaillement, détention de matériel nécessaire à  la fabrication de faux papiers. Elle organise également, en son domicile, des réunions des chefs et agents de liaison, héberge des résistants qu’elle aide à passer la ligne de démarcation.

En  janvier 1944, elle est nommée lieutenant FFI, époque  à laquelle elle se voit condamnée à mort après avoir pris le commandement de la 2ème compagnie de Bir Hacheim. Six mois plus tard elle participe à la libération de la Charente à Angoulême, puis de la Charente-Maritime à Saintes et débarque sur l’Île d’Oléron le 30 septembre.

Après la Libération, elle met fin à ses activités de résistante et s’engage dans l’Armée de l’Air et plus précisément à l’Ecole des cadres de Carqueiranne d’où elle sortira major de sa promotion. Elle suit également des cours de pilotage à Mont-de-Marsan avant de quitter l’Armée et de reprendre son métier d’enseignante.

C’est  alors que Colette Chaigneau laisse pour un temps la parole à Francis Mercier, un ami  d’Hélène dit familièrement « Fiston », qui évoque à son tour quelques lignes des mémoires de la disparue : « Ma conscience me disait : regarde les choses en face ! Imagine que ton jeune frère soit fusillé pour ne pas avoir donné des renseignements sur toi sous la torture. Imagine que ton second frère,  que tu envoies au baroud, soit tué au combat ; ce qui a failli se produire deux fois. Imagine que tes parents soient arrêtés, torturés, déportés… » Elle préférait mourir plutôt que les trahir.

Il appartient ensuite au général Cardinal, lui aussi très proche d’Hélène, de citer les nombreuses décorations du lieutenant Luc : Officier de la Légion d’honneur, officier du Mérite national, Médaille de la Résistance, officier des Palmes académiques, combattant volontaire 39/45, combattant volontaire de la Résistance, croix du combattant, médaille avec rosette de l’association franco-britannique et médaille de la Libération avec barrette.

La présidente du comité termine son éloge en rappelant qu’Hélène Nebout était venue s’installer à La Rochelle en 1973 où elle sera présidente d’honneur des Anciens de Bir Hacheim des deux Charentes et participera activement au devoir de mémoire. Elle note, à ce sujet, le fait que, pendant la guerre, de nombreuses femmes ont su défendre avec courage et persévérance leur patrie et parfois jusqu’au sacrifice suprême, au même titre que leurs compagnons masculins. En effet, le lieutenant Luc, après avoir été condamné à mort, a échappé onze fois à l’ennemi et changé quatorze fois d’identité.

Au nom des présidents et membres de la section de la Légion d’honneur et de l’association Bir Hacheim de La Rochelle, Colette Chaigneau  a présenté ses condoléances attristées à la famille d‘Hélène et fait en termes émouvants ses adieux à la disparue : « Vous serez toujours pour nous un exemple pour vos actions d’éclat, votre énergie, votre caractère bien trempé, votre dignité malgré les souffrances endurées jusqu’à la fin de votre vie, l’intensité de votre patriotisme et l’ampleur de votre humanisme ».

C’est au mémorial de Chasseneuil-sur-Bonnieure que reposent désormais les cendres du lieutenant Luc, cendres que le général Cardinal et Colette Chaigneau ont accompagnées, ainsi que ses camarades, de nombreuses personnalités et d’une multitude de drapeaux soulignant le respect mais aussi la grande amitié qu’on lui portait. Ce mémorial, en hommage à la Résistance charentaise et à l’initiative d’André Chabanne a reçu la visite, le 12 juin 1963, du général de Gaulle. Sur la partie gauche de la façade figure la silhouette d’Hélène à laquelle font face deux autres maquisards. Une alvéole lui avait été réservée dans la crypte de ce monument, devenu nécropole nationale, où elle repose à tout jamais.

Jean Guillard

(1)  Bir Hacheim : nom donné en 1943 à l’ensemble des maquis de Charente en hommage à la bataille de Bir Hakeim en Libye
 
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