2017 - Éloge Funèbre - Comité La Rochelle - Ré

Disparition d’Étiennette GALLON

 

En avril 2015, elle avait été promue officier dans l’ordre national de la Légion d’honneur. En  mai dernier, elle avait fêté ses cent ans, au cœur de la maison de retraite où elle vivait désormais, et où elle reçut de nombreux hommages dont elle voulait se défendre avec son habituelle modestie. Étiennette GALLON est décédée ce 24 octobre. Ses obsèques ont été célébrées le 30 octobre en l’église Notre-Dame de La Rochelle, en présence de sa famille et d’une importante délégation du Comité de La Rochelle-Ré de la Légion d’honneur, conduite par son président Albert AGUILERA. Parmi les éloges qui furent prononcés, on aura retenu surtout ceux de Colette CHAIGNEAU, ancienne présidente du Comité de la Légion d’honneur de La Rochelle, qui lui avait remis sa distinction, et d’Olivier FALORNI, député de La Rochelle, tellement ému.

Née à Boyardville sur l’île d’Oléron, scolarisée à La Rochelle, reçue à l’École normale d’institutrices, elle ira rejoindre son premier poste dans l’Eure où Jean, qu’elle vient d’épouser, est instituteur. Elle a 27 ans quand elle intègre avec son mari le réseau « Résistance », au prix de la séparation d’avec ses enfants, qu’elle avait voulu mettre en sécurité loin d’elle. ‟ Dotée d’une énergie et d’une persévérance inépuisables, elle avait refusé l’occupation au péril de sa vie ” indiqua Colette CHAIGNEAU ; ‟ elle se servait de sa qualité de secrétaire de mairie pour fournir des faux-papiers aux résistants, elle fournissait les renseignements dont elle pouvait disposer, elle aidait et hébergeait résistants repérés, évadés, parachutistes égarés, aux côtés du maire et du curé”, Olivier FALORNI ajoutant qu’elle était à ses yeux ‟ une héroïne de l’idéal républicain – pas une héroïne de roman mais une femme qui avait dû affronter le tragique de la vie réelle, de la vraie vie et de ses meurtrissures, quand d’autres choisissaient au contraire de se cacher ”. Quand l’occupant quitta enfin la région, elle avait connu en même temps la joie et l’angoisse en ce mois d’août 44, quand son village fut libéré alors que son mari venait d’être arrêté, et conduit à Buchenwald sans qu’elle eût de ses nouvelles pendant presqu’un an…

‟Étiennette était de ces femmes courageuses, qui ont voulu défendre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité”, souligne Colette CHAIGNEAU ; ‟ forte de ses convictions, elle a toujours voulu faire reconnaître la place des femmes dans la société dans laquelle elles vivent, et qui doivent pouvoir enrichir notre monde de leur pensée et de leur présence active”. Preuve en fut faite avec l’engagement d’Étiennette GALLON dans les Soroptimist, qu’elle contribua à fonder, dédiées à l’émancipation des femmes dans le monde.

Lorsqu’on lui disait l’admiration qu’inspirait sa vie d’engagements, elle répondait invariablement : ‟ Je n’ai fait que mon devoir… ”. ‟ L’humilité des grandes dames ”, ainsi que conclut Olivier FALORNI. Il raconte que, lorsqu’elle avait reçu la Médaille d’honneur de la Ville de La Rochelle, elle s’en était étonnée, demandant : ‟ mais pourquoi avoir choisi quelqu’un d’aussi vieux et ratatiné que moi ? ”. Et lui d’ajouter que ‟ c’était nous qui, debout ce jour-là aux côtés de cette dame restée toute sa vie durant une femme debout,  nous sentions petits, bien petits… ”

 

 
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