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Activités 2016 - Comité Royan

Les Forces Armées Françaises face au terrorisme La "sentinelle" et le "guépard"

 

 Tel a été le sujet d’une brillante conférence donnée le vendredi 23 septembre 2016 par le Général de corps d’armée (2S) Patrick MARENGO, Premier Adjoint au maire et Correspondant Défense de la ville de ROYAN.

L’opération « SENTINELLE »

En janvier 2015, le renfort significatif des forces armées du plan interministériel VIGIPIRATE par les militaires voit le lancement de l’opération « SENTINELLE ». Il s’agissait alors de réagir au plus vite face à la menace.

Suite aux attentats du vendredi 13 novembre 2015, il a été décidé de renforcer l'opération « Sentinelle » avec des effectifs supplémentaires des forces armées – soit environ 3.000 personnels - s'ajoutant aux quelque 7.000 actuellement mobilisés dont environ 65% en région Ile-de-France, le reste étant déployé dans les grandes villes.

Nous sommes confrontés, aujourd’hui en France, à une guerre irrégulière dont le principe est qu’elle n’a pas de front. La menace terroriste est omnidirectionnelle, plastique et très évolutive. Cependant, nous pouvons faire la distinction, dans le cadre de nos engagements, entre une défense de l’avant – au plus loin – en opération extérieure, et une défense de l’arrière – au plus près – sur le sol national.

 Sentinelle, est une opération de défense et de protection de l’arrière, de nos arrières, « au dedans » où se concentrent un très grand nombre de nos intérêts vitaux, au premier rang desquels la vie de nos concitoyens. Il y a aujourd’hui, et c’est peut-être une rupture, une continuité des menaces.   

Les forces terrestres engagées sur le territoire national ont une triple mission : elles doivent rassurer, protéger et dissuader. Aujourd’hui, nous rassurons, mais nous protégeons et dissuadons beaucoup moins que nous ne pourrions le faire si nous recourions à des modes d’action plus militaires.

"C'est un simple travail de vigile. C'est cher payé par rapport à la formation donnée pendant six mois aux soldats d'autant que certains soldats pourraient être mobilisés entre 24 et 30 semaines par l'opération Sentinelle en 2016, au détriment de l’entraînement et de la préparation opérationnelle, notamment interarmes.

Compte tenu des nouvelles décisions annoncées par le président de la République, nos armées ne devraient pas pouvoir retrouver une capacité satisfaisante – à défaut d’être optimale – avant août 2017.

Le dispositif d’alerte Guépard

Déjà ancien il prévoit que 5.500 hommes tenus en alerte, par période de six mois, puissent être mobilisés et déployés, par échelons successifs, dans un délai de 12 heures à neuf jours.

La nouveauté du Guépard Nouvelle Génération (NG), c'est qu'il constitue un réservoir homogène de troupes, minutieusement préparées et entraînées, du volume d'une brigade, dans lequel le commandement peut puiser en cas d'urgence.

Si les opérations de gestion de crise, correspondant à nos engagements les plus fréquents, nécessitent, notamment à terre, des forces aptes à durer et à contrôler de vastes espaces physiques au milieu de populations, les conflits majeurs auxquels nous devons nous tenir prêts imposent de disposer de forces du meilleur niveau technologiques, aptes à affronter d'autres forces étatiques.

Le Livre blanc a donc différencié les contrats opérationnels, en distinguant ce qui doit pouvoir être déployé, si nécessaire de façon permanente, dans des opérations de gestion de crise (jusqu'à 7 000 h des forces terrestres, une douzaine d'avions de combat, une frégate, un groupe BPC, un SNA selon le cas) et ce que les armées françaises doivent être capables d'engager dans un conflit majeur (jusqu'à deux brigades interarmes, 45 avions de combat et un groupe aéronaval avec leurs soutiens). Il y a ajouté une capacité permanente de réponse en urgence, à hauteur de 5 000 hommes avec les éléments aériens et navals associés.

Ce nouveau contrat, proche du précédent, ne modifie pas intrinsèquement l'organisation des forces armées :

- il précise davantage le cadre espace-temps dans lequel ces capacités pourraient être engagées : 2 300 hommes à 3 000 km (au lieu de 7 000-8 000 km) en moins de 7 jours. C'est l'aboutissement d'une réflexion à la fois stratégique (zones d'interventions potentielles) et capacitaire (perte de nos capacités de projection et de soutien stratégique).

- il limite le volume du réservoir de capacités opérationnelles en alerte à 5 000 hommes pour l'ensemble des forces armées alors que le contrat précédent ne concernait que les forces de l’Armée de Terre.

Concernant l'adaptation des forces au nouveau contrat, il s'agit donc surtout :

- de supprimer certaines capacités qui existaient au sein du dispositif Guépard afin de diminuer celui-ci en volume.

- d'intégrer le dispositif d'alerte des forces spéciales à ce dispositif de projection.

- d'identifier plus précisément les capacités de la marine qui contribuent.

- d'adapter le dispositif Rapace de l'armée de l'air.

- de mutualiser les capacités de commandement et de soutien logistique interarmées.

 

Cette conférence était rythmée par trois courtes pièces de musique, interprétées magistralement par un quatuor à cordes de l’Ecole de Musique de ROYAN  sous la direction de monsieur Yann LE CALVE.

Plus d’une centaine d’auditeurs ont pu apprécier cette soirée de grande qualité.

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