Deux cents ans au service de la France

 

Une volonté d'homme d'Etat

Une dizaine d'années après la suppression des Ordres royaux et des symboles de reconnaissance individuelle par la Révolution, Bonaparte, Premier Consul depuis décembre 1799, décide en 1802 de lancer l'étude de la création d'une nouvelle distinction. Certes, la Constitution du Consulat lui donne le droit d'attribuer des " Armes d'Honneur " aux militaires pour les récompenser de leur bravoure. Mais il estime que cette mesure est insuffisante et qu'elle ne permet pas de reconnaître les mérites civils. Et c'est en homme d'Etat, soucieux d'une part d'unité nationale ainsi que de pérennité historique et attaché d'autre part à la continuité des acquis révolutionnaires, qu'il impose, malgré de nombreuses réticences, l'idée d'un nouvel ordre national.

Inscrite dans le cadre d'une rénovation nationale

Depuis le début de son action politique le jeune Premier Consul a comme objectif majeur la remise en ordre de l'autorité du pouvoir politique. Mais plus qu'à une restauration de principes ou d'institutions issues de l'Ancien Régime, c'est à la naissance d'une nouvelle forme d'Etat que les contemporains assistent en quelques années : Constitution, législation, Concordat, Code civil, Franc " Germinal ", Banque de France, Instruction publique, Conseil d'Etat, etc... sont autant d'étapes de la concrétisation de cette volonté, dans laquelle s'inscrit tout naturellement la "Légion d'Honneur".

 

C'est par un décret du 29 floréal de l'An X (19 mai 1802) que le Corps Législatif adopte, à une assez courte majorité, la création de cette légion dont le nom rappelle les soldats " Honorati " (chargés d'honneur, c'est à dire décorés) de l'histoire romaine.

 

Un Ordre civil et militaire, ouvert et universel

La vision du nouveau maître est claire : destinée à récompenser des mérites éminents, aussi bien civils que militaires, la Légion d'Honneur est une institution ouverte à tous. " Les soldats ne sachant ni lire ni écrire seront bien fiers de porter la même décoration que des savants illustres et ceux-ci attacheront d'autant plus de prix à cette récompense qu'elle sera la même que pour les braves " écrit le futur Empereur. Pour concrétiser sa conception il désigne comme premier grand chancelier du nouvel Ordre, un savant naturaliste, authentique noble, ancien membre de la Législative pénétré de l'esprit des Lumières et…partisan du 18 Brumaire : le comte de Lacepède. Celui-ci restera en fonction jusqu'à la chute de l'Empire.

 

 

 

 

C'est ainsi que nous pouvons voir sur le tableau suivant, côte à côte, un officier, un sous-officier et un grenadier de la Garde Impériale, portant tous trois la même décoration, ce qui était inconcevable sous la Monarchie.

 

 

 

 
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